mercredi 14 mai 2014

Les Chroniques d'Isaac de Gérone

Caroline Roe propose ici une série d'enquêtes policières dans l'Espagne médiévale, à Gérone.

Isaac, membre de la communauté juive, est médecin et aveugle. Il est aidé dans son travail par sa fille Raquel, et un apprenti Yusuf, orphelin musulman qu'il a recueilli, très débrouillard.
L'évêque Berenguer (personnage réel) s'appuie sur Isaac pour élucider quelques crimes qui troublent l'ordre public.

Ce ne sont pas des enquêtes avec un "limier" à proprement parler, Isaac, aveugle mais lucide, et sa connaissance de l'âme humaine lui permet de poser les bonnes questions et de voir là où les autres sont aveuglés.
La vie quotidienne de cette époque est relativement bien décrite et donne de la couleur aux récits.. On apprend à connaître la vie de la communauté juive, ses relations avec le monde extérieur. A fur et à mesure des romans, les personnages se dessinent, et on les retrouve avec plaisir.

La traduction est très bonne, le style est agréable... des romans pour se détendre et être dépaysé !

dimanche 6 avril 2014

Lumière du Moyen-Âge

Historienne médiéviste, Régine Pernoud présente ici d'une façon lumineuse sa période favorite, le Moyen-Age. 
Le livre aborde plusieurs thèmes, de l'organisation politique à la vie privée, en passant par l'organisation sociale, les sciences, la place de l'Eglise, etc

J'ai mieux aimé ce livre que le célèbre "pour en finir avec le Moyen-Age" (très intéressant !), car il est porté par son enthousiasme, sa nouvelle passion (le livre a été écrit à sa sortie de l'Ecole des Chartes) pour cette époque malheureusement trop méconnue. 

Passionnant !


Un petit extrait (parmi tant d'autres que j'aurais aimé retenir...)

"De ce cérémonial [le vassal prête "foi et hommage" à son suzerain] se dégage la haute idée que le Moyen-Âge se faisait de la dignité personnelle. Aucune époque n'a été plus prompte à écarter les principes, pour s'en remettre uniquement aux conventions d'homme à homme ; aucune non plus n'a fait appel à de plus hauts sentiments comme base de ces conventions.C'était rendre un magnifique hommage à la personne humaine.Concevoir une société fondée sur la fidélité réciproque était à coup sûr audacieux ; comme on peut s'y attendre, il y eu des abus, des manquements ; il reste que pendant plus de cinq siècles, la foi et l'honneur restèrent la base essentielle, l'armature des rapports sociaux.Lorsque s'y substitua le principe d'autorité au XVIè et surtout au XVIIè, on ne peut prétendre que la société y ait gagné."

jeudi 3 avril 2014

Les enquêtes de l'adjudant Guarnaccia

Magdalen Nabb nous propose une série d'enquêtes policières contemporaines, se déroulant à Florence, et menées par l'adjudant des carabiniers Guarnaccia.

Florence - (c) photo chantecler !
Son héros a la particularité d'être un simple carabinier. Ce n'est ni un détective, ni un inspecteur. Elle choisit ce personnage pour sa principale qualité : c'est un homme ordinaire. Grâce à cela, il tisse de bons rapports avec les gens, mais, par son grade (adjudant), il n'a aucun pouvoir. Il est placide, lent et, grâce à ces qualités, il arrive souvent à régler les affaires criminelles. [wikipedia]

Attention, romans très prenants ! J'ai été attirée par cette série parce qu'elle se déroule à Florence [qui finalement ne joue pas un grand rôle !], et une fois qu'on a commencé, difficile de s'arrêter. Les intrigues sont très bien construites, je ne me suis jamais doutée du coupable, et on vit au jour le jour avec l'adjudant l'avancée de l'intrigue... sans deviner plus vite que lui !
Le personnage principal est très attachant. Cœur simple, bonhomme, détaché des honneurs ou de la reconnaissance, il suit son chemin tranquillement, en suivant ses intuitions - presque sans y croire. On le voit également évoluer dans sa vie familiale.

Bonne lecture !


mardi 11 mars 2014

Les enquêtes de Mère Frevisse

Margaret Frazer (pseudonyme de l'association de deux auteurs américanes) met en scène Mère Frévisse, religieuse anglaise du XVème siècle.

Au prieuré de Sainte-Frideswide, Mère Frevisse est hôtelière, et ainsi confrontée au monde extérieur. Son esprit d'observation et son désir de justice la poussent à élucider les crimes commis sur son chemin.

source : Project Gutenberg
Frère Cadfael a trouvé son pendant féminin ! Les enquêtes sont très bien construites, l'atmosphère médiévale de la vie autour d'un prieuré est prenante, et les personnages attachants et bien dessinés.

La série est bien menée, sans répétitions ; on retrouve quelques personnages des religieuses et les voyageurs de l'hôtellerie sont chaque fois différents.

Le titre des épisodes : "Le conte de ..." (the ... tale) fait référence aux Contes de Canterbury de Chaucer, supposé être un grand-oncle de Mère Frevisse.

A lire et à relire avec plaisir !


mardi 17 décembre 2013

Les enquêtes du Sénateur Publius Aurélius Statius

Une série de romans policiers historiques... mais qui se déroulent dans la Rome Antique, pour changer !

Au Ier siècle après Jésus-Christ, sous le règne de l'empereur Claude, le sénateur Publius Aurelius Statius résout avec talent et intérêt les énigmes qu'il décèle sur son chemin, aidé de son intendant Castor, un peu magouilleur mais au final plutôt dévoué à son maître.



Les scenarii d'enquêtes sont classiques, très bien menés : on ne se doute pas du coupable avant la fin, et les rebondissements sont vraiment inattendus sans être incongrus. 

A travers les épisodes, nous découvrons la vie d'un riche sénateur, le fonctionnement de sa domus, avec les esclaves, mais aussi de nombreux métiers de la Rome Antique. Le fond historique est solide (enfin, il me semble l'être). C'est très intéressant, et ça rappelle des (bons !) souvenirs de cours de latin... Les ouvrages sont d'ailleurs enrichis de termes latins. 

www.history.com

Le seul point que je n'apprécie pas, c'est le caractère "coureur de jupons" du sénateur. Même si ces aventures sont seulement suggérées, je trouve que - souvent - elles n'apportent rien à l'enquête, et donne un côté jouisseur au personnage, pourtant sympathique par ailleurs. 

lundi 9 décembre 2013

Les vestiges du jour

Ce roman de Kazuo Ishiguro évoque les années d' avant-guerre, à travers les souvenirs personnels de Stevens, le maître d'hôtel modèle de Darlington Hall.

L'histoire commence en juillet 1956. Un homme d'affaires américain, Mr Farraday vient de racheter Darlington Hall, où il a été reçu avant guerre pour des rencontres de politique internationale. Le nouveau propriétaire demande à Stevens d'engager du personnel de maison, pour redonner vie au domaine. Stevens pense immédiatement à l'ancienne intendance, Miss Kenton, pour l'aider dans cette tâche. 
Tout au long de la route, il revit un voyage intérieur, se souvenant des événements vécus avant la guerre, de sa relation avec Miss Kenton, de sa loyauté professionnelle envers Lord Darlington.

film de James Ivory
L'ouvrage est donc écrit à la première personne. Les personnages sont traités avec affection, évoqués avec finesse, et on comprend bien leurs caractères, leurs motivations, ...
J'ai beaucoup aimé cette évocation d'un monde disparu, la précipitation des évènements vers la guerre, vécus de l'intérieur.

James Ivory a tiré un excellent film, très fidèle au roman. Les acteurs sont également très bien choisis.

dimanche 8 décembre 2013

Geneviève de Galard : Une femme à Dien-Bien-Phu

Geneviève de Galard, infirmière militaire française qui s'est distinguée notamment par sa présence à Dien-Bien-Phu, raconte ses souvenirs et le chemin qui l'a menée à cette vocation. 


G. de G. à Dien-Bien-Phu



C'est un témoignage très vivant, très agréable à lire, et qui m'a permis de connaître un peu mieux le drame de la guerre d'Indochine. J'ai découvert une femme courageuse dans son quotidien difficile, et qui a le cœur droit.

vendredi 6 décembre 2013

Aliénor d'Aquitaine

Régine Pernoud présente ici une passionnante biographie de ce personnage assez controversé. Je dois reconnaître que cet ouvrage m'a vraiment fait découvrir un autre regard sur cette reine de fâcheuse réputation.


Héritière du duché d'Aquitaine, reine de France par son mariage avec Louis VII de France, elle épouse en secondes noces le futur roi d’Angleterre, Henri II Plantagenêt, auquel elle donnera de nombreux enfants, dont Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Elle fut, avant la reine Victoria, grand'mère de l'Europe, ayant des descendants dans toutes les cours d'Europe (Blanche de Castille, femme de Saint Louis, était sa petite fille, et fut choisie spécialement par Aliénor pour épouser l'héritier du trône de France). 
Après une jeunesse quelque peu frivole, elle fut à la fois une femme de lettres, introduisant à la cour d'Angleterre les troubadours et l'amour courtois,  et un personnage politique de premier plan : avec une grande énergie et clairvoyance, elle sut administrer son duché comme le royaume d'Angleterre, défendre ses possessions et intérêt, et anticiper le développement des villes et de la bourgeoisie en accordant les premières communes

Pour reprendre la pensée de Jacques Le Goff, sa mauvaise réputation est sûrement due à la place éminente qu'a occupée cette femme énergique, dans un monde pourtant dominé par les hommes... 

jeudi 28 novembre 2013

Les enquêtes de Sir Malcom Ivory

Cette série policière de Mary London (pseudonyme de Frédérick Tristan) me rappelle fortement Les enquêtes de l'inspecteur Higgins (je me suis même demandée s'il ne s'agissait pas du même auteur... mais non).

On retrouve le même schéma (le superintendant Forbes, de Scotland Yard, qui a besoin de l'aide d'un enquêteur en retrait de la police officielle, celui-ci se trouvant être un aristocrate anglais introduit dans les meilleurs milieux), la même ambiance... et c'est tout aussi sympa à lire (même si pour l'instant je n'en n'ai pas lu beaucoup....)

EDIT
Je reviens sur cet article après avoir lu plusieurs livres de cette série... et je revois ma critique à la baisse. C'est distrayant, mais pas aussi bien que Les enquêtes de l'inspecteur Higgins, et surtout le style d'écriture m'agace au plus haut point.... je ne suis pas traductrice ni spécialiste de la langue anglaise, mais je trouve que certaines tournures sont maladroites et ne font pas du tout anglaises !... quand on sait que c'est un français qui écrit en anglais, cela ne surprend pas... 

lundi 25 novembre 2013

Les enquêtes de l'inspecteur Higgins

Cette série d'enquêtes policières de Christian Jacq m'évoquent l'univers d'un Hercule Poirot transplanté au XXème siècle. 

L'ex-inspecteur-chef Higgins, retraité de Scotland Yard, aristocrate anglais jusqu'au bout des ongles, traque les criminels par amour de la justice. Il intervient à la demande du superintendant Scott Marlow, son faire-valoir, qui recourt souvent à l'aide de son ancien, pour résoudre des cas délicats.
L'inspecteur Higgins est un détective à l'ancienne, qui laisse à son acolyte l'utilisation des nouvelles technologies, inscrit méticuleusement les faits sur son petit cahier noir, et est guidé par les indices à la solution  de l'énigme par la méditation. C'est un personnage bien dessiné, sympathique.

Ce sont des enquêtes très classiques, plutôt bien menées (la fin ne tombe pas du ciel comme un cheveu sur la soupe ;-), on découvre les indices à fur et à mesure sans que le coupable soit évident), assaisonnées à l'anglaise dans les détails de la vie quotidienne, rédigées dans un style sobre mais avec un vocabulaire assez riche.

Le résultat est agréable et rapide à lire, très distrayant... avec un petit goût d'Agatha Christie !

Pour information, ces romans sont à la fois des inédits, mais aussi une réédition des Dossiers de Scotland Yard, publiés sous le nom de JB Livingstone à partir des années 1980